Edito
Des conférences-débats autour du thème de la consommation responsable.
Le pré-programme des conférences du FNCE 2008 est en ligne. Vous le retrouverez sur le site www.forumequitable.org, à la rubrique Programme

Inscription gratuite en ligne.
Repères
Le commerce équitable, un secteur dynamique mais encore marginal


Une notoriété en hausse

Si en l’an 2000 seulement 9% des français avaient entendu parler du commerce équitable, ils sont aujourd’hui plus de 80 % à déclarer connaître le secteur et la démarche que ce type de commerce représente.

Plusieurs facteurs expliquent l’accroissement de cette notoriété :

- Un fort développement de l’offre et des points de vente spécialisés au cours des dernières années.

- Un travail permanent des acteurs du commerce équitable et le relais soutenu des médias.

- Un consommateur de plus en plus sensible aux enjeux du commerce équitable et dont le comportement d’achat se rationnalise et se responsabilise. lI devient en effet plus actif, exigent et attentif en particulier aux conditions de production et de commercialisation des biens qu’il décide d’acquérir en connaissance de cause.


Une croissance spectaculaire ...

L’évolution du chiffre d’affaires du commerce équitable sur le territoire national montre comment ce secteur, par les valeurs qu’il intègre et les défis qu’il s’engage à relever, répond aux nouvelles attentes des consommateurs: de 18 millions d’euros en 2001, il est passé à 210 millions en 2007, soit une augmentation moyenne de 178 % par an ! Sur la même période en Europe, la progression a été de 20% par an pour s’élever à près de 1,25 milliards d’euros en 2006. La France a ainsi pu rattraper son retard par rapport à ses voisins européens chez qui la prise de conscience générale et l’intérêt pour ce secteur fut nettement plus précoce. Quant au chiffre d’affaires mondial des produits « labellisés », il suit cette même tendance, et dépassait en 2005 la barre du milliard d’euros connaissant une hausse de 37% par rapport à 2004.

... mais un secteur encore marginal

Des données certes encourageantes, mais qui demeurent pourtant marginales si on les compare aux chiffres d’affaires globaux du commerce de détail ou qu’on les ramène au nombre d’habitants ou aux parts de marchés par catégorie de produits. Ainsi la somme qu’a déboursé un français en moyenne sur des produits bénéficiant d’un label équitable n’a atteint que 3,30 € par an et par habitant sur l’année 2007. Le commerce équitable est néanmoins voué à se forger une position de plus en plus importante dans les années à venir si l’on en croit les récentes études menées par TNS Worldpanel et l’agence marketing Added Value (en savoir plus)
Zoom
Commerce équitable et politique d’achat responsable

Qu’est-ce qu’une politique d’achat responsable ?

Une politique d’achat responsable consiste à intégrer les dimensions environnementales, sociales et éthiques, en plus des aspects économiques dans les décisions liées au processus d’achat. Le commerce équitable, par ses fondements (dialogue, transparence des échanges, respect de la dignité des producteurs) et ses objectifs (rééquilibrer les rapports Nord/Sud) s’inscrit dans une démarche de développement durable et répond ainsi à ces contraintes.

Plusieurs facteurs sont à l’origine de l’engagement des entreprises et collectivités locales dans une telle démarche :

- Une prise de conscience croissante et générale des enjeux du développement durable et le désir d'y contribuer.

- Un contexte règlementaire de plus en plus contraignant :

  • L'achat de produits et de services intégrant le développement durable est inscrite dans la liste des priorités de la Stratégie Nationale de Développement Durable (SNDD), actualisée en novembre 2006 en cohérence avec la Stratégie Européenne de Développement Durable.
  • Le Code des marchés publics de 2004 donne aux collectivités locales la possibilité de prendre en compte des considérations sociales et environnementales dans le cadre de l'exécution d'un marché. (article 14)
  • Le Code des marchés publics (CMP) adopté le 1er août 2006 (décret n° 2006-975) et entré en vigueur au 1er septembre 2006, consacre la prise en compte de considérations de développement durable comme principe de définition des besoins des acheteurs publics (art. 5-1 du CMP2006) ; il s’agit d’une véritable obligation s’appliquant à tout marché public.

- Un intérêt stratégique : Outre les économies qu’implique la mise en œuvre d’une politique d’achat responsable, il s’agit pour les collectivités locales d’assurer un rôle d’exemplarité et mobilisateur à l’égard de l’ensemble des acteurs économiques et sociaux. Pour les entreprises c’est aussi un axe de communication leur permettant d’améliorer leur image.


Comment la mettre en œuvre ?


Pour mettre en œuvre une telle politique, il faut commencer par améliorer les pratiques quotidiennes de consommation interne et de fonctionnement :

- Commander des fournitures équitables et/ou biologiques :

  • Les produits équitables alimentaires
  • Les produits équitables non alimentaires
  • Les services équitables
  • Et des « produits cadeaux »: les chèques cadeaux, T-shirts promotionnels, paniers garnis, etc.

- Contrôler ses consommations

- Assurer un fonctionnement démocratique et transparent au sein de sa structure

- Promouvoir le commerce équitable par le biais du comité d’entreprise

- S’affilier à une banque spécialisée dans les investissements éthiques et solidaires.

- Travailler en sous-traitance avec des structures impliquées dans l’Economie Sociale et Solidaire (Centre d’Aide par le Travail, entreprises d’insertion, Scop…).


Pour les acheteurs publics, la démarche peut aller au-delà de la simple consommation de produits issus du commerce équitable puisqu'ils peuvent en préconiser l’achat dans leurs cahiers des charges. Plus précisément dans le cahier des clauses techniques particulières, l’acheteur public peut désormais insérer une clause stipulant que : "le café fourni devra être issu du commerce équitable" ou "le café fourni devra, pour un certain pourcentage (à définir par la collectivité locale), être issu du commerce équitable." Les collectivités publiques peuvent donc faire de "l'achat équitable" une modalité d'exécution obligatoire, que les soumissionnaires titulaires du marché doivent respecter en tant que condition contractuelle. (Articles 48 et 53).
Paroles d'acteurs



Trois questions au Crédit Coopératif


Depuis le début, vous soutenez le FNCE. Quelles sont les motivations qui vous poussent à promouvoir cette initiative ? Qu’attendez-vous de ce forum ?
Le Crédit Coopératif soutient le Forum National du Commerce Equitable depuis la première édition en 2005 afin non seulement de promouvoir les démarches de commerce équitable tant vers les entreprises que les particuliers, mais aussi de participer à la structuration de la filière et de renforcer la visibilité du secteur.

Quelles autres actions mène Le Crédit Coopératif en faveur du commerce équitable ?
Les collaborateurs du Crédit Coopératif sont sensibilisés aux particularités du commerce équitable par la mise en place de formations spécifiques ainsi que par la mise en avant de nos partenaires lors de moments festifs, tels que le marché de Noël organisé à l’intention des collaborateurs. Cette sensibilisation est renforcée par le développement d’une gamme d’épargne éthique et solidaire dont les bénéficiaires sont entre autres Artisans du Monde.
Le Crédit Coopératif participe par ailleurs à de nombreux événements de promotion du commerce équitable (forums, salons). « Nous dialoguons régulièrement avec les principaux acteurs (entreprises et associations) impliqués dans le développement du commerce équitable afin de répondre précisément à leurs besoins et de mettre en place des solutions bancaires adaptées pour accompagner le développement du commerce équitable (épargne et financement, gestion de comptes). » souligne Jean-Michel Youinou, Direction des Entreprises du Crédit Coopératif


Comment envisagez-vous l’avenir du commerce équitable ?
Il y a une forte attente du grand public sur le commerce équitable mais combien passe réellement à l’acte ? Il y a encore des efforts importants à faire pour accroitre la notoriété, la qualité et la disponibilité des produits issus d’une démarche de commerce équitable. L’aspect pédagogique est aussi important que l’acte d’achat.
La filière se professionnalise, d’une démarche militante initiale de plus en plus d’acteurs se structurent et adoptent une démarche entrepreneuriale.
Des rapprochements avec des entreprises « conventionnelles » ont eu lieu récemment, d’autres sont en cours.


Le Crédit Coopératif participe à tous les chantiers visant à structurer la filière et à développer de nouveaux outils pour accompagner les entreprises et associations du commerce équitable.
« Nous avons aussi à travailler sur le commerce équitable Nord-Nord qui possède, en France, un vrai terrain affectif auprès de la population des 20/40 ans à la recherche d’une forme localement positive de consommation. Mais nous ne sommes qu’au début de l’histoire… » conclut Jérome Henry, directeur du Marché des Particuliers au Crédit Coopératif.
Produits et services « équitables »

Les produits alimentaires, toujours leaders du commerce équitable

Même si l’offre du commerce équitable s’est beaucoup diversifiée au cours de ces dernières années, l’alimentaire demeure le secteur d’activité le plus représenté et le plus important en termes de vente : sur l’année 2007 la consommation en France de produits alimentaires labellisés Max Havelaar représente un CA de 157,2 M €, contre 52,8 M € pour les produits non alimentaires.

Des parts de marchés qui grimpent

Conséquence de l’adoption progressive d’un comportement d’achat responsable de la part des consommateurs, les produits alimentaires du commerce équitable prennent du terrain sur leurs « homonymes » issus des circuits traditionnels. Ainsi la part de marché du café arabica labellisé en France atteint les 7% en volume et 8% en valeur en grande distribution, le thé représente 2% de pdm en volume et les tablettes de chocolat 1%, après une croissance de 70% sur l’année 2006 (source MHF) .

Des gammes qui s’élargissent

Les produits alimentaires équitables ce sont aussi les boissons froides, les fruits et légumes, le sucre, les confiseries, les épices…Les gammes s’étoffent d’année en année avec l’introduction de nouveaux produits. Les derniers en date sont les noix et les graines : arachide, sésame, noix de cajou, noix d’Amazonie. De nouvelles marques arrivent également régulièrement sur le marché.

Groupe SOS Max Havelaar Plate-forme du commerce équitable

Pour vous désinscrire de la newsletter,
indiquez votre adresse e-mail en cliquant ici.